Histoire

Introduction Autant que l’art du Soo Bahk Do, l’histoire du Moo Duk Kwan est unique.  Fondé en Corée en 1945 par le Grand-Maître Hwang Kee, Moo Duk Kwan signifie  » Ecole de la vertu martiale ».
Les débuts ImageLa création de l’Art n’alla pas de soi. Il aura fallu de nombreuses années entre le moment où le Fondateur Hwang Kee découvrit les arts martiaux et la véritable naissance du Moo Duk Kwan. C’est à l’âge de 7 ans, en 1921, que Hwang Kee assista pour la première fois à une démonstration martiale. Lors du festival national du mois de Mai, il fut témoin d’une rixe qui opposait un groupe de 7 ou 8 hommes à un individu isolé ; ce dernier parvint à se défendre puis à se défaire de ses adversaires. Impressionné, le jeune Hwang Kee suivit l’homme jusque chez lui ; après l’avoir observé en train de s’entraîner pendant un certain temps, il lui demanda de lui enseigner les techniques qu’il l’avait vu pratiquer. L’homme refusa, du fait du jeune âge de son interlocuteur. Pourtant, Hwang Kee ne fut nullement dissuadé ; il continua à observer l’homme de loin et imitait ce qu’il voyait.
1935-1946 ImageAprès être sorti diplômé du lycée en 1935, le Kwan Jang Nim travailla pour les chemins de fer en Mandchourie. L’année suivante, il fut présenté à un maître chinois, Maître Yang. Jusqu’alors, Hwang Kee était strictement autodidacte ; c’est pourquoi il espérait bien que cette rencontre déboucherait sur un entraînement digne de ce nom. Il demanda à Maître Yang de l’accepter comme élève ; comme Hwang Kee insistait, il obtint gain de cause et put s’entraîner sous sa direction. Un an plus tard, il retourna en Corée, où il espérait pouvoir continuer à s’entraîner et éventuellement, commencer à enseigner. Malheureusement, le pays était occupé par les Japonais, ce qui l’empêcha de poursuivre son étude des arts martiaux. En 1939, Hwang Kee fut employé par les services des chemins de fer de Choson. Cela lui donna accès à une bibliothèque, où il se mit à étudier la philosophie et le karaté d’Okinawa. Pendant les années qui suivirent, il voyagea, continua à étudier, et gagna en maturité comme artiste martial.
1945-1957 ImageA la fin de la seconde Guerre Mondiale, Hwang Kee réalisa son rêve, celui de se consacrer entièrement aux arts martiaux : il créa l’Ecole Moo Duk Kwan le 9 novembre 1945. Elle est l’une des 5 écoles principales d’arts martiaux en Corée. La discipline qu’il y enseignait fut appelée Hwa Soo Do, « art de la main fleurie ». La première année, il attira et perdit bon nombre d’élèves, les gens ignorant majoritairement de quoi il s’agissait. En 1947, Hwang Kee prit conscience de l’imprégnation japonaise qu’avait subie la culture coréenne. Cela modifia ses perspectives ; il décida d’intégrer l’art du Tang Soo Do, dont le nom était mieux connu du public, dans sa discipline le Hwa Soo Do. Avant le début de la guerre de Corée en 1950, Hwang Kee avait 4 élèves membres Dan. Ce fut le début du système Dan bon, unique au Moo Duk Kwan. Malgré les difficultés multiples causées par la guerre de Corée, l’art persista et se développa, tandis que le Kwan Jang Nim approfondissait ses recherches techniques rigoureuses qui mettaient l’accent sur l’utilisation de la hanche.
Le Moo Yei Do  Bo Tong Ji ImageEn 1957, le Kwan Jang Nim fit une découverte de première importance : un livre, du nom de Moo Yei Do Bo Tong Ji. Il y était question de Soo Bahk, un authentique art martial coréen. Hwang Kee se mit alors à étudier assidûment l’ouvrage. Grâce à ses efforts, le Soo Bahk put renaître ; le Kwan Jang Nim favorisa à travers l’enseignement du Moo Duk Kwan, l’étude du Soo Bahk comme un véritable art vivant et contribua à relier les élèves à sa longue et valeureuse histoire. Il choisit le nom Soo Bahk Do, qui provient de Soo Bahk Ki, « technique de la main qui frappe » et de Soo Bahk Hee, « danse de la main qui frappe », toutes deux détaillées dans le Moo Yei Do Bo Tong Ji. Do fut ajouté car Hwang Kee pensait que le Soo Bahk devait enseigner la philosophie Moo Do, qui consiste à faire cesser les conflits internes et extérieurs.
1960, l’Association coréenne de Soo Bahk Do ImageEn 1960, l’Association coréenne de Soo Bahk Do fut enregistrée officiellement auprès du gouvernement coréen, comme diffusant l’art martial traditionnel coréen. L’année suivante, la discipline du Moo Duk Kwan fut pour la première fois reconnue au niveau international. Ce fut un réel avènement pour le Moo Duk Kwan car l’Ecole était enfin respectée et reconnue au niveau national ; dans le même temps, l’objectif du Kwan Jang Nim de favoriser les relations humaines par les arts martiaux au niveau international, progressait.
Publications en 1960-61 Le Moo Duk Kwan publia en Corée 8 bulletins d’informations de septembre 1960 à avril 1961, ce qui témoigne de son dynamisme à la veille du coup d’Etat militaire.

La Fédération mondiale World Moo Duk Kwan

Difficultés politiques Malheureusement, la Corée connut bientôt une crise politique, ce qui freina le développement de l’Association coréenne de Soo Bahk Do et du Moo Duk Kwan et marqua le début de 30 années tumultueuses. En 1964, une tentative fut faite pour unifier le Moo Duk Kwan, l’Ecole d’arts martiaux la plus nombreuse en Corée à l’époque, et le Tae Kwon Do. Le Kwan Jang Nim Hwang Kee se prononça contre cette unification, jugeant que les propositions qui lui  étaient faites n’étaient pas équitables ; d’autre part, il paraissait clair que c’était une manœuvre pour absorber l’art dans le Tae Kwon Do. Après l’échec des négociations, il y eut des pressions politiques dont l’organisation et l’art souffrirent. Bien que reconnu par l’Etat coréen, le diplôme délivré par le Soo Bahk Do Moo Duk Kwan ne constituait pas un titre reconnu pour obtenir un emploi. Lorsqu’ils voulaient voyager et enseigner en dehors de leurs frontières, les instructeurs avaient les plus grandes difficultés pour qu’on leur délivre un visa ; d’autre part, le Soo Bahk Do Moo Duk Kwan avait interdiction de participer à des rassemblements internationaux. Un peu plus tard, le gouvernement coréen annula la reconnaissance de l’Association coréenne de Soo Bahk Do. Le Kwan Jang Nim fit valoir ses droits devant la Cour Suprême en 1966 et gagna, assurant ainsi l’avenir de l’organisation.

Les pressions politiques continuèrent jusqu’en 1979, rendant difficile pour le Kwan Jang Nim tout déplacement hors de Corée. Mais infatigablement, il continua à promouvoir son art. Aussi incroyable cela puisse paraître, cette période d’adversité déclarée vit des sections du Moo Duk Kwan se développer aux USA, en Grèce, au Royaume Uni, en France, en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Suisse, aux Pays-Bas, à Puerto Rico, en Argentine, en Malaisie, au Brunei, et en Australie.

Le Moo Duk Kwan aux USA
Soo Bahk Do En 1982, Kwan Jang Nim Hwang Kee introduisit officiellement le Soo Bahk Do lors de championnats internationaux en faisant la démonstration de Hwa Sun hyung, forme directement issue du Moo Yei Do Bo Tong Ji. Il continua les années suivantes à enseigner ce qu’il avait appris de l’ouvrage, aussi bien lors de stages que de démonstrations, mais également dans des publications. Jusqu’à sa mort en 2002, Kwan Jang Nim Hwang Kee s’efforça de promouvoir l’art qu’il avait créé et témoigna de son histoire mouvementée. Il posa les fondements et les objectifs de l’organisation, garantissant ainsi son développement à venir et son succès. Ce projet impliquait la préparation de sa succession. Aujourd’hui, comme le Fondateur Hwang Kee le souhaitait, Kwan Jang Nim H.C Hwang a pris sa suite, et s’efforce de promouvoir sa vision de l’art auprès de plus de 200 000 pratiquants à travers le monde.