01 déc 2016

Youth Leaders symposium 2016, Corée

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(publié originellement sur le blog de Maître Elodie Mollet - http://www.shwl.org/)

Il y a un mois tout juste nous revenions non sans difficultés, d’une superbe semaine de pratique et de rencontres en Corée (7-13 octobre 2016).

Invités par la fédération World Moo Duk Kwan, les Youth Leaders présents (20 personnes venues de 13 pays différents, de la ceinture rouge au 6ème dan) avaient reçu pour tâche de travailler ensemble sur un mode de fonctionnement autonome (désignation de leur représentant, définition de leur tâche au niveau de chaque pays, idem au niveau international). Ils devaient également préparer ensemble une démonstration pour la fin de la semaine.

Un autre volet du projet était de réfléchir à une définition de nous-mêmes à faire circuler sur les réseaux sociaux. Un soir, un projet de vidéo a été mis sur pied, à réaliser pour le mois suivant à l’occasion du 71° anniversaire de l’école Moo duk kwan. Voici sur cette page la vidéo en question.

https://www.facebook.com/elodie.mollet.9/videos/10154880807294674/

Autant dire assez loin de ma perception du Soo Bahk Do que je pratique, du ressenti que j’en ai, et de l’image que je souhaite promouvoir. Mais enfin, tout le « pouvoir » était donné au monteur, et à sa vision, et une de mes fonctions était de protéger cela. Quelque chose comme : « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dîtes mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ».
Cette expérience est très enrichissante à beaucoup d’égards. Elle oblige à penser ce que c’est qu’un groupe international et à observer comment se répartissent sourdement les sympathies, les alliances, le leadership. Comment empêcher par exemple que ceux dont l’anglais est la langue maternelle prennent le pouvoir, non du fait de leurs idées mais parce qu’ils les expriment avec plus d’aisance ? Comment faire pour empêcher la tendance naturelle qu’il y aurait dans un groupe avec des niveaux et des expériences si différentes que ce soit les plus gradés qui aient systématiquement le dessus ? Comment faire, pour que chacun ait une voix, qu’il puisse se faire entendre à égalité avec celle des autres ?

Je dois dire ici que tout cela ne va absolument pas de soi, et que ce fut un vigilance de chaque instant, pour ne pas dire une conquête toujours recommencée. Il a fallu imaginer bien des stratagèmes pour faire exister ce petit espace public mondial.

Voilà pourquoi sans doute il me fut tout d’abord impossible de trouver le chemin du retour, perdue dans le temps, dans l’espace, entre ce qui est réel, ce qui n’est pas réel. Je m’égarai dans le refuge d’une page d’un livre, et j’oubliai l’avion. Puis je pris une journée entière pour en trouver un autre, tandis que le réel semblait se fermer absolument à toutes mes tentatives, comme devant la porte de la Loi.

Et finalement, j’étais devant mes élèves du cours de philosophie le lundi matin. A la recherche d’une manière de leur transmettre un peu de cette aventure au combien extraordinaire.

 

 

 

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